Enfants issus d'une première union : comment contester une disposition testamentaire et protéger ses droits ?
Publié le :
27/10/2025
27
octobre
oct.
10
2025
L’ouverture d’une succession est souvent un sujet sensible, surtout si le défunt avait eu des enfants lors de sa précédente union. Ces enfants issus du premier lit, nés d’un premier mariage ou hors mariage, disposent de droits successoraux protégés par la loi, même si leur parent s’est remarié ou a pris des dispositions testamentaires particulières.
Comment ces enfants peuvent-ils agir lorsque leurs droits sont lésés par un testament ou par un avantage consenti au nouveau conjoint ?
Quelle est la place des enfants dans la succession ?
Selon l’article 912 du Code civil, les enfants légitimes, naturels ou adoptifs sont des héritiers réservataires. Ils bénéficient d’une part minimale de la succession, appelée « réserve héréditaire », qui leur revient de droit. Le défunt ne peut donc pas disposer librement de tout son patrimoine au profit d’un conjoint ou d’un tiers.
La part réservataire dépend du nombre d’enfants : la moitié de la succession pour un enfant unique, les 2/3 pour deux enfants, ¾ pour trois enfants ou plus. La fraction restante, appelée « quotité disponible », peut être attribuée librement par testament.
En principe, l’enfant ne peut être déshérité, sauf à être considéré comme indigne au sens des articles 726 et suivants du Code civil, lorsqu’il a commis un crime ou une tentative de meurtre à l’encontre du parent décédé. Par conséquent, l’absence de relations entre le parent et l’enfant n’est jamais un motif suffisant pour l’écarter de la succession.
L’action en réduction : le rétablissement de la réserve héréditaire
Lorsqu’une disposition testamentaire attribue au conjoint survivant ou à un tiers une part excédant la quotité disponible, les enfants issus d’une première union peuvent intenter une action en réduction (articles 921 et suivants du Code civil).
Cette action vise non pas à annuler la libéralité consentie, mais seulement à restreindre sa portée pour indemniser les héritiers réservataires dans la limite d’une portion excédentaire. En effet, les legs et donations peuvent être réduits lorsqu’ils outrepassent la quotité disponible.
Pour cela, chaque enfant doit agir individuellement en justice, l’action collective n’étant pas admise. Les enfants s’estimant lésés doivent saisir le tribunal judiciaire du lieu d’ouverture de la succession, avec représentation obligatoire par un avocat. Le délai de prescription est de 5 ans à compter du décès, ou de 2 ans à partir de la découverte de l’atteinte, sans jamais dépasser 10 ans après le décès.
À noter : les enfants héritent à la fois des biens propres du défunt, mais aussi de la moitié des biens communs que le de cujus détenait avec son nouveau conjoint. Par conséquent, ils peuvent recevoir en partage la moitié des biens de la communauté de leur parent décédé, bien qu’il se soit remarié.
L’action en retranchement : la nécessaire protection contre l’avantage matrimonial
Prévue par l’article 1527 du Code civil, l’action en retranchement permet aux héritiers réservataires de contester l’atteinte portée à leur réserve, lorsque le parent décédé s’est remarié sous le régime de la communauté universelle en ayant opté, au sein de son contrat de mariage, pour une clause d’attribution intégrale.
En effet, une telle clause octroie au nouveau conjoint la totalité du patrimoine du défunt, ce qui prive les enfants du premier lit, ainsi que les enfants du couple, de leur réserve.
Par cette action, les enfants peuvent :
- S’opposer à la transmission des biens détenus par le défunt avant le mariage au nouveau conjoint ;
- Revendiquer la part de réserve héréditaire, ce qui suppose une réduction de l’avantage matrimonial entre les époux.
Ainsi, le juge devra recalculer la part qui aurait dû revenir au conjoint survivant, en tenant compte des règles applicables au régime de la communauté légale réduite aux acquêts.
L’ouverture d’une succession est souvent un sujet sensible, surtout si le défunt avait eu des enfants lors de sa précédente union. Ces enfants issus du premier lit, nés d’un premier mariage ou hors mariage, disposent de droits successoraux protégés par la loi, même si leur parent s’est remarié ou a pris des dispositions testamentaires particulières.
Comment ces enfants peuvent-ils agir lorsque leurs droits sont lésés par un testament ou par un avantage consenti au nouveau conjoint ?
Quelle est la place des enfants dans la succession ?
Selon l’article 912 du Code civil, les enfants légitimes, naturels ou adoptifs sont des héritiers réservataires. Ils bénéficient d’une part minimale de la succession, appelée « réserve héréditaire », qui leur revient de droit. Le défunt ne peut donc pas disposer librement de tout son patrimoine au profit d’un conjoint ou d’un tiers.
La part réservataire dépend du nombre d’enfants : la moitié de la succession pour un enfant unique, les 2/3 pour deux enfants, ¾ pour trois enfants ou plus. La fraction restante, appelée « quotité disponible », peut être attribuée librement par testament.
En principe, l’enfant ne peut être déshérité, sauf à être considéré comme indigne au sens des articles 726 et suivants du Code civil, lorsqu’il a commis un crime ou une tentative de meurtre à l’encontre du parent décédé. Par conséquent, l’absence de relations entre le parent et l’enfant n’est jamais un motif suffisant pour l’écarter de la succession.
L’action en réduction : le rétablissement de la réserve héréditaire
Lorsqu’une disposition testamentaire attribue au conjoint survivant ou à un tiers une part excédant la quotité disponible, les enfants issus d’une première union peuvent intenter une action en réduction (articles 921 et suivants du Code civil).
Cette action vise non pas à annuler la libéralité consentie, mais seulement à restreindre sa portée pour indemniser les héritiers réservataires dans la limite d’une portion excédentaire. En effet, les legs et donations peuvent être réduits lorsqu’ils outrepassent la quotité disponible.
Pour cela, chaque enfant doit agir individuellement en justice, l’action collective n’étant pas admise. Les enfants s’estimant lésés doivent saisir le tribunal judiciaire du lieu d’ouverture de la succession, avec représentation obligatoire par un avocat. Le délai de prescription est de 5 ans à compter du décès, ou de 2 ans à partir de la découverte de l’atteinte, sans jamais dépasser 10 ans après le décès.
À noter : les enfants héritent à la fois des biens propres du défunt, mais aussi de la moitié des biens communs que le de cujus détenait avec son nouveau conjoint. Par conséquent, ils peuvent recevoir en partage la moitié des biens de la communauté de leur parent décédé, bien qu’il se soit remarié.
L’action en retranchement : la nécessaire protection contre l’avantage matrimonial
Prévue par l’article 1527 du Code civil, l’action en retranchement permet aux héritiers réservataires de contester l’atteinte portée à leur réserve, lorsque le parent décédé s’est remarié sous le régime de la communauté universelle en ayant opté, au sein de son contrat de mariage, pour une clause d’attribution intégrale.
En effet, une telle clause octroie au nouveau conjoint la totalité du patrimoine du défunt, ce qui prive les enfants du premier lit, ainsi que les enfants du couple, de leur réserve.
Par cette action, les enfants peuvent :
- S’opposer à la transmission des biens détenus par le défunt avant le mariage au nouveau conjoint ;
- Revendiquer la part de réserve héréditaire, ce qui suppose une réduction de l’avantage matrimonial entre les époux.
Ainsi, le juge devra recalculer la part qui aurait dû revenir au conjoint survivant, en tenant compte des règles applicables au régime de la communauté légale réduite aux acquêts.
Historique
-
Actes d'état civil non légalisés et demande de nationalité : le juge doit apprécier les pratiques de l’État d’origine
Publié le : 12/01/2026 12 janvier janv. 01 2026NOTAIRES / Mariage / Divorce / FiliationUne personne née en Guinée revendique la nationalité française par filiation...Source : www.lemag-juridique.com
-
Succession testamentaire : faut-il privilégier le testament olographe ou le testament authentique ?
Publié le : 08/01/2026 08 janvier janv. 01 2026ArticleLorsqu’il s’agit d’organiser sa succession, beaucoup estiment qu’un simple éc...
-
Mise en compatibilité des documents d’urbanisme : clarification du rôle du préfet de département !
Publié le : 29/12/2025 29 décembre déc. 12 2025NOTAIRES / UrbanismeCe décret précise l’autorité administrative compétente pour conduire la procé...Source : www.lemag-juridique.com
-
Enclave et divisions d'un fonds : fixation du passage sur les seuls terrains issus du fonds unique
Publié le : 19/12/2025 19 décembre déc. 12 2025NOTAIRES / ImmobilierLes ventes successives de parcelles devenues enclavées à la suite d’une divis...Source : www.efl.fr
-
Preuve d’une filiation incestueuse : l’expertise génétique est de droit par respect de l’ordre public familial
Publié le : 16/12/2025 16 décembre déc. 12 2025NOTAIRES / Mariage / Divorce / FiliationL'expertise génétique est de droit, sauf s'il existe un motif légitime de ne...Source : actu.dalloz-etudiant.fr
-
Construction d’une maison individuelle et article 145 du Code de procédure civile : le juge des référés peut substituer une expertise à la consultation judiciaire
Publié le : 12/12/2025 12 décembre déc. 12 2025NOTAIRES / ImmobilierDes maîtres d’ouvrage confient à une société de maîtrise d’œuvre la conceptio...Source : www.lemag-juridique.com
-
SUCCESSIONS - La personne morale peut constituer une personne interposée impliquant la non-déduction des dettes qui leur sont consenties au passif successoral et à l’ISF | LE MAG JURIDIQUE
Publié le : 10/12/2025 10 décembre déc. 12 2025NOTAIRES / Succession / DonationUn défunt laisse pour lui succéder ses enfants ainsi que deux petits-enfants...Source : www.lemag-juridique.com
-
Conséquences de l’inefficacité de l’un des cautionnements simultanément souscrits par les époux communs en biens
Publié le : 09/12/2025 09 décembre déc. 12 2025NOTAIRES / Mariage / Divorce / FiliationIl résulte de l'article 1415 du Code civil que lorsque les cautionnements d'é...Source : actu.dalloz-etudiant.fr
-
Urbanisme : la grande réforme de 2025 entre construction, énergie et contentieux
Publié le : 08/12/2025 08 décembre déc. 12 2025NOTAIRES / UrbanismeLa réforme majeure du droit de l’urbanisme est désormais en vigueur. Promulgu...Source : www.lemag-juridique.com
-
La CFE et/ou l'Ifer 2025 à payer au plus tard le 15 décembre inclus
Publié le : 04/12/2025 04 décembre déc. 12 2025NOTAIRES / ImmobilierLa cotisation foncière des entreprises et/ou l'imposition forfaitaire sur les...Source : www.efl.fr
-
La loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement est publiée
Publié le : 01/12/2025 01 décembre déc. 12 2025NOTAIRES / UrbanismeAprès avoir été partiellement censurée par le Conseil constitutionnel, la loi...Source : www.efl.fr
-
Enfants issus d'une première union : comment contester une disposition testamentaire et protéger ses droits ?
Publié le : 27/10/2025 27 octobre oct. 10 2025ArticleL’ouverture d’une succession est souvent un sujet sensible, surtout si le déf...
-
Calcul du DPE : ce qui va changer
Publié le : 18/09/2025 18 septembre sept. 09 2025NOTAIRES / ImmobilierÀ partir du 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité f...Source : www.service-public.fr
-
Opposition entre héritiers sur les obsèques : le juge privilégie la volonté exprimée du défunt
Publié le : 17/09/2025 17 septembre sept. 09 2025NOTAIRES / Succession / DonationSelon l’article 3 de la loi du 15 novembre 1887, toute personne capable peut...Source : www.lemag-juridique.com
-
Trait de côte : repenser l'usage du littoral en fonction du changement climatique
Publié le : 15/09/2025 15 septembre sept. 09 2025NOTAIRES / UrbanismeAvec le recul du trait de côte (30 kms perdus en 50 ans), les communes littor...Source : www.weka.fr
-
Article 922 du Code civil : la valeur des biens doit être fixée au décès
Publié le : 11/09/2025 11 septembre sept. 09 2025NOTAIRES / Succession / DonationEn matière successorale, l’ancien article 922 du Code civil fixe les règles d...Source : www.lemag-juridique.com
-
Encadrement des loyers des baux d’habitation : prolongation du dispositif jusqu’en 2026
Publié le : 04/09/2025 04 septembre sept. 09 2025NOTAIRES / ImmobilierFace aux difficultés d’accès au logement dans les zones urbaines dites « tend...Source : www.lemag-juridique.com
-
Nationalité française par mariage : la conception d’un enfant hors union suffit à caractériser la cessation de communauté de vie
Publié le : 02/09/2025 02 septembre sept. 09 2025NOTAIRES / Mariage / Divorce / FiliationL’article 21-2 du Code civil prévoit que l’étranger marié à un ressortissant...Source : www.lemag-juridique.com
-
Publication du décret d'application de la loi habitat dégradé
Publié le : 29/08/2025 29 août août 08 2025NOTAIRES / ImmobilierLe décret n° 2025-814 du 12 août 2025 relatif au diagnostic structurel des bâ...Source : www.actu-juridique.fr
-
Construction d'une piscine en limite de propriété : quels recours pour le voisinage ?
Publié le : 27/08/2025 27 août août 08 2025ArticleLa construction d’une piscine est un projet séduisant, tant pour la valorisat...